31.05.2007

La nature du politique

La nature du politique

 Aujourd'hui, tout concourt à masquer la vraie nature du politique, lequel ne subsiste plus que par son simulacre : la   politique politicienne.

 Il s'impose donc d'en rappeler les conditions d'éxistence, avant d'en tracer les contours et d'en établir les règles.

 Trois conditions doivent être réunies pour permettre au politique de s'épanouir : il faut un peuple, doté d'un territoire et uni par une loi. C'est à partir de la combinaison de ces trois données que peut s'accomplir le destin que l'homme politique a pour rôle de forger par la définition d'un grand dessein.

 Ainsi la politique devient - elle un art qui requiert de celui qui l'assume une vision d'ensemble de l'homme et du monde et un goût pour l'action.

La réflexion sur la nature du politique

La réflexion a fait long feu dans la classe dirigeante française. Et il y'a longtemps que l'essence du politique a laissé la place à son succédané : la politique politicienne.

Aujourd'hui. Soft-idéologie et sentimentalisme larmoyant tiennent lieu de valeurs. Les "autorités morales" s'érigent en censeurs. La gesticulation parodie l'action et l'agitation des cénacles parisiens s'est substituée à la vie politique. Derrière le tintamarre médiatique. Un constat s'impose  : le politique a disparu. Ne subsiste qu'un gigantesque simulacre. Vouloir agir en politique.

 c'est d'abord accepter de se poser les véritables questions. Or méditer sur l'essence des choses; c'est aller à l'essentiel.

Seule une semblable démarche permet de déterminer, par appréciation correcte de la réalité. Les moyens d'agir dans le monde. La lecture du Prince ou des discours sur la première Décade de Tite-Live de Machiavel, de la Technique du coup d'état de Cuzio malaparte. ou de l'état et la révolution de Lénine.

 Est toujours un exercice salutaire.

la prise du pouvoir et sa conservation

Mais la prise du pouvoir et sa conservation ne sont pas toute la politique. Ce serait confondre le fond et la forme.

 On peut se trouver à la tête d'un état et perdre la sienne par manque d'aptitude politique. Louis XVI140a02354766ae3f55112ff93117bab9.jpg en est un exemple frappant, et Louis XIV l'exact opposé. Le premier préfigure le gestionnaire du politique. Il annonce les rois-bourgeois du XIX ème siècle qui administrent leurs Etats comme

OH ! PARDON

on tient le livre de compte d'une mercerie. Face à ce roi-potiche se dresse la figure du Roi-9e27bcc7ce0de6d62c16f0b6d178e525.jpgSoleil, qui inscrit son action dans un vaste dessein. L'un est politique, l'autre ne l'est pas. Sous la férule du premier, la France connaît gloire et puissance. Alors que la molesse de l'autre la précipite dans l'épouvante des guerres civiles. << Le mépris des lois et l'ébranlement de l'ordre social ne sont que la conséquence de la faiblesse et de l'indécision des gouvernants >>.

Disait Napoléon 1er qui avait su remettre de l'ordre en France.

Pour que l'efficacité politique trouve sa pleine mesure et atteigne son but

Elle doit s'inscrire dans une vision d'ensemble de l'homme et du monde, et non se contenter de "gérer" les crises au jour le jour.

Pour être politique, il faut donc avant tout être capable de voir loin dans le temps et l'espace. C'est à cette seule condition que l'homme politique est en mesure de faire le point de la situation et donc de définir des orientations. N'en déplaise aux réveurs, le politique ne s'incarne que dans les réalités. L'homme, cet animal politique cher à Aristote, "ne peut vivre seul à moins d'être une bête ou un dieu". Le contribuable moyen n'est ni l'un ni l'autre. Il ne vit pas de la même façon dans la selva amazonienne et dans la lande bretonne. Ainsi que le notait Joseph de Maistre, si au cours des voyages on rencontre des hommes, on  n'a encore jamais trouvé l'homme, c'est à dire cette abstraction dont on voudrait nous faire croire depuis les lumières qu'elle désigne un être sans racines et interchangeable. Tout ne vaut pas tout.

Les hommes ont leurs racines

Cette règle élémentaire de la sociologie s'impose également en politique. La méconnaître ou l'oublier signifierait perdre contact avec la réalité et par conséquent se condanner à l'échec car , comme l'écrivait Mircea Eliade, "on comprend surtout ce qu'on est prédestiné à comprendre par sa propre vocation, par sa propre orientation culturelle et celle du moment historique auquel on appartient". Les hommes vivent en groupes, clans, communautés et nation.

 Pour qu'il y'ait politique, il faut donc qu'il existe un peuple. Autrement dit, un ensemble homogène d'individus, qui ait une histoire, la prenne en compte et cherche à la prolonger. Telle est la dimension verticale du devenir. Devenir signifie alors inscrire dans le présent les germes de notre avenir. En fonction des valeurs dont nos ancètres et notre histoire nous ont transmis l'héritage.

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