15.06.2007
A lire ou relire : La nature du politique
Aujourd'hui, tout concourt à masquer la vraie nature du politique, lequel ne subsiste plus que par son simulacre : la politique politicienne.
Il s'impose donc d'en rappeler les conditions d'éxistence, avant d'en tracer les contours et d'en établir les règles.
Trois conditions doivent être réunies pour permettre au politique de s'épanouir : il faut un peuple, doté d'un territoire et uni par une loi. C'est à partir de la combinaison de ces trois données que peut s'accomplir le destin que l'homme politique a pour rôle de forger par la définition d'un grand dessein.
Ainsi la politique devient - elle un art qui requiert de celui qui l'assume une vision d'ensemble de l'homme et du monde et un goût pour l'action.
La réflexion sur la nature du politique
La réflexion a fait long feu dans la classe dirigeante française. Et il y'a longtemps que l'essence du politique a laissé la place à son succédané : la politique politicienne.
Aujourd'hui. Soft-idéologie et sentimentalisme larmoyant tiennent lieu de valeurs. Les "autorités morales" s'érigent en censeurs. La gesticulation parodie l'action et l'agitation des cénacles parisiens s'est substituée à la vie politique. Derrière le tintamarre médiatique. Un constat s'impose : le politique a disparu. Ne subsiste qu'un gigantesque simulacre. Vouloir agir en politique.
c'est d'abord accepter de se poser les véritables questions. Or méditer sur l'essence des choses; c'est aller à l'essentiel.
Seule une semblable démarche permet de déterminer, par appréciation correcte de la réalité. Les moyens d'agir dans le monde. La lecture du Prince ou des discours sur la première Décade de Tite-Live de Machiavel, de la Technique du coup d'état de Cuzio malaparte. ou de l'état et la révolution de Lénine.
Est toujours un exercice salutaire.
la prise du pouvoir et sa conservation
Mais la prise du pouvoir et sa conservation ne sont pas toute la politique. Ce serait confondre le fond et la forme.
On peut se trouver à la tête d'un état et perdre la sienne par manque d'aptitude politique. Louis XVI
en est un exemple frappant, et Louis XIV l'exact opposé. Le premier préfigure le gestionnaire du politique. Il annonce les rois-bourgeois du XIX ème siècle qui administrent leurs Etats comme
OH ! PARDON
on tient le livre de compte d'une mercerie. Face à ce roi-potiche se dresse la figure du Roi-
Soleil,
qui inscrit son action dans un vaste dessein. L'un est politique, l'autre ne l'est pas. Sous la férule du premier, la France connaît gloire et puissance. Alors que la molesse de l'autre la précipite dans l'épouvante des guerres civiles. << Le mépris des lois et l'ébranlement de l'ordre social ne sont que la conséquence de la faiblesse et de l'indécision des gouvernants >>.
Disait Napoléon 1er qui avait su remettre de l'ordre en France.
Pour que l'efficacité politique trouve sa pleine mesure et atteigne son but
Elle doit s'inscrire dans une vision d'ensemble de l'homme et du monde, et non se contenter de "gérer" les crises au jour le jour.
Pour être politique, il faut donc avant tout être capable de voir loin dans le temps et l'espace. C'est à cette seule condition que l'homme politique est en mesure de faire le point de la situation et donc de définir des orientations. N'en déplaise aux réveurs, le politique ne s'incarne que dans les réalités. L'homme, cet animal politique cher à
Aristote, "ne peut vivre seul à moins d'être une bête ou un dieu". Le contribuable moyen n'est ni l'un ni l'autre. Il ne vit pas de la même façon dans la selva amazonienne et dans la lande bretonne. Ainsi que le notait
Joseph de Maistre, si au cours des voyages on rencontre des hommes, on n'a encore jamais trouvé l'homme, c'est à dire cette abstraction dont on voudrait nous faire croire depuis les lumières qu'elle désigne un être sans racines et interchangeable. Tout ne vaut pas tout.
Les hommes ont leurs racines
Cette règle élémentaire de la sociologie s'impose également en politique. La méconnaître ou l'oublier signifierait perdre contact avec la réalité et par conséquent se condanner à l'échec car , comme l'écrivait
Mircea Eliade, "on comprend surtout ce qu'on est prédestiné à comprendre par sa propre vocation, par sa propre orientation culturelle et celle du moment historique auquel on appartient". Les hommes vivent en groupes, clans, communautés et nation.
Pour qu'il y'ait politique, il faut donc qu'il existe un peuple. Autrement dit, un ensemble homogène d'individus, qui ait une histoire, la prenne en compte et cherche à la prolonger. Telle est la dimension verticale du devenir. Devenir signifie alors inscrire dans le présent les germes de notre avenir. En fonction des valeurs dont nos ancètres et notre histoire nous ont transmis l'héritage.
Ce peuple vit aussi sur une terre
Le territoire est bien la seconde réalité nécessaire à l'éxistence du politique. Le politique n'est pas u-topos, sans lieu. C'est en fonction du sol qu'il a conquis ou dont il a hérité qu'un peuple s'organise, vit, se défend et établit ses relations avec les peuples qui l'entourent.
De l'observation de son environnement surgissent des règles et des normes qui lui sont propres. Ce sol lui est cher, parce que, de génération en génération, il s'est transmis de père en fils. Ce sol, c'est le pays du père, la patrie. C'est pour elle que l'on part à la guerre. Parce qu'au fil des siècles, cette terre s'est chargée de vie, grâce à la relation intime qui s'est établie entre elle et les hommes qui l'on occupée, transformée, fertilisée.
Gustave Thibon l'a justement noté : "la solidité et partiellement la qualité d'une civilisation reposent sur l'étroitesse du lien qui attache l'homme à la terre et la terre à l'homme. Constante vérifiée tout au long de l'antiquité et jusque dans les temps modernes. Partout où ce lien subsiste, l'individu et la Cité conservent leur équilibre : partout où il se détend s'amorcent les décadences."
Définir des règles
Solidement attaché à son terroir, ce peuple va donc chercher à définir des règles qui lui permettront d'être au monde et de vivre de la manière la plus harmonieuse possible.
Pour y parvenir. Il doit se donner une loi. Fondée sur les valeurs que ce peuple à faites siennes, cette loi agence la société et régit les rapports humains. dés lors, elle incarne un pôle de stabilité auquel on se réfère quand survient un évènement anormal. la loi traduit dans les faits la manière dont un peuple conçoit la vie en commun et l'organise. Elle lui permet de réaliser son devenir et de se forger une histoire sur sa terre en évitant le plus possible les conflits. Pour assurer ce rôle de garant de la survie d'un peuple. La loi doit se situer à l'écart des modes et des caprices du moment. Et pour juger les choses de plus haut, elle doit se tenir en retrait par rapport à lévénementiel. Perdre sa loi signifie ainsi souvent pour un peuple perdre son IDENTITE. ce n'est pas un hasard si dés la plus haute antiquité. Les peuples ont accordé un respect immense aux fondateurs de constitutions. L'exemple le plus connu est celui de
Lycurgue. Législateur mythique de Sparte. Dont Plutarque nous rapporte que la Pythie de Delphes avait hésité à le dire vraiment dieu ou homme.
Très adroitement :
http://perso.orange.fr/florent.gros/Pages/greek_sparte.ht...http://fr.wikipedia.org/wiki/Oracle_grec
Les conditions d'une renaissance du politique
Derrière tout cela. La question qui se pose est celle de la souveraineté. Qui est le souverain aujourd'hui ? Au nom de qui le pouvoir est-il exercé ? Dans une démocratie, le souverain
c'est le démos, c'est le peuple.
C'est d'ailleurs ce que prévoit l'article 3 de la constitution selon lequel " la souveraineté appartient au peuple ". Encore faut-il que le peuple soit défini ! Encore faut-il qu'il soit entendu et écouté ! Telle sont les conditions d'une renaissance du politique.
Or pas le biais d'une politique d'immigration ouvrant la France au tiers monde et d'un code de la nationalité laxiste. Les oligarchies dominantes sont en train de changer la nature du peuple français. Aussi faut-il rappeler que l'identité française est celle d'un peuple européen, issu des trois cultures essentielles de notre continent, gréco-latine, celtes et germanique et marqué par le judéo-christianisme.
De ce point de vue, la renaissance du politique passe d'abord par la défense de cette identité et le premier acte du redressement national devrait être l'inversion du flux migratoire et la réforme du code de la nationalité. Encore faut-il que le peuple une fois défini exerce effectivement la souveraineté et que ses vues s'imposent.
Or, par le biais de délégations successives. Le peuple a abdiqué son pouvoir. En effet , les citoyens élisent un parlement qui remet ses responsabilités au gouvernement, lequel pour agir, s'en remet de plus en plus souvent à des commissions ou à des comités de sages, émanations de groupes de pression. Optant non en fonction des intérêts et de l'opinion des français, mais selon leurs intérêts particuliers et leurs principes propres.
C'est cela qu'il faut changer en rendant la parole au peuple. Notamment par la mise en oeuvre de mécanismes de démocratie directe comme le référendum d'initiative populaire.
Le peuple Français doit être fier de son passé et de ce qu'il a apporté au monde. Il doit refuser de se dissoudre dans l'univers de la compassion qu'on lui propose et retrouver le sens de son identité culturelle, historique et spirituelle.
Il doit retrouver le chemin de l'histoire et de la grandeur.
le temps est venu du réveil du peuple français. Politique d'abord !
06:13 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note







Commentaires
en ces temps de marasme intellectuel, l'impertinence est un devoir sacré. Bien.
jcl
Ecrit par : jcljulien | 10.07.2007
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